12 Mars 2026
- explorateur3
- 13 mars
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J’observe chez moi et dans mon entourage un mécanisme mental constant qui consiste à s’abstraire de son environnement pour préserver son individualité et son confort. Qu'il s'agisse d'une différence de vision face à l'existence, d'une fatigue face à une société en crise ou simplement, d'une incapacité à accepter la présence de voisins bruyants, c'est toujours ce même besoin de se mettre à l'extérieur du réel pour se préserver. Qu'est-ce qui est vraiment conservé lorsqu’on pense réussir à s’éloigner des autres? Une idée de soi? Une capacité à garder certaines valeurs? Ce qui est comique, c'est que même l'individu le moins rationnel sait au fond de lui-même qu'il est impossible de vivre à l'extérieur de la société. Dire que « l’enfer, c’est les autres », comme le fait Sartre, revient à affirmer qu’on vit un rapport infernal avec l’existence. En effet, chaque tentative de refuser le rapport avec son environnement produit une souffrance et une tension contraire à l'équilibre de l’interrelation de l'humain par rapport à la nature. Le théâtre de l'apprentissage, qui sert à se différencier par rapport aux autres, n'a jamais été le but de l'existence. Selon moi, c'est plutôt une tentative de garder une part de sa différence dans la myriade de formes qui nous entourent. En d’autres termes, la solitude la plus profonde pourrait être la conséquence d’une peur de perdre son identité, « je », et la crainte de réaliser que le « nous » représente l’avenir du « je ». Pourtant, l'idéal de la vie sur cette terre ne peut concevoir de séparation. L'humain n'est en fait qu'un élément parmi tant d'autres dans ce monde et l'illusion que nous entretenons de notre propre puissance met de plus en plus en danger la planète.
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