Comment se protéger de son ombre ?
- explorateur3
- 3 janv.
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1 Janvier 2026
Cette question est pour moi primordiale depuis mon adolescence et je vais tenter d’introduire quelques hypothèses pour y répondre dans ce texte, mais c’est un sujet qui m’interpelle assez pour y revenir fréquemment. Mon premier constat, c’est qu’il n’y a pas à proprement parler un élément ennemi en soi qui refuse la lumière. En fait, l’ombre porte bien son nom, c’est un amalgame complexe de résistances intérieures qui n’a pas de racine dans la réalité. La source se trouve plutôt dans les mirages ou les illusions engendrées par les peurs. Ainsi, pour retracer la noirceur, il faut être capable de la saisir sur le coup en la pointant du doigt pour ce qu’elle est, une tentative de déformer le réel. Par exemple, dans un débat politique avec un ami, une colère soudaine vient briser la discussion. Ici, il faut prendre conscience que ces changements d’humeur ne constituent pas le fondement de son identité. En observant la rage prendre forme et en l’identifiant pour ce qu’elle est (de la peur ou de l’insécurité), un individu arrive à déjouer la perte de soi en nommant précisément le mensonge. Évidemment, plusieurs vont dire que le trait colérique est un aspect commun dans notre société et qu’un individu a le droit de s’identifier ainsi. Bien sûr, n’importe qui peut s’identifier à l’inconscience, mais l’aveuglement ne change pas de nature, et ce, même si quelqu’un y trouve refuge. En outre, la métaphore de l’ombre et de la lumière prend tout son sens, car c’est vraiment dans ce jeu de clair-obscur qu’il y a prise de conscience des mécanismes de déformations du réel. La clarté révèle la noirceur jusqu’à ce que le contraire arrive et cette danse sans fin permet de donner une perspective aux masques utilisés chaque jour pour atténuer le poids de la conscience. Donc, pour répondre à la première question, il faudrait presque l'inverser pour s’approcher d’une hypothèse valable. Ainsi, au lieu de se demander comment se protéger de son ombre ? Il serait plus juste de prendre conscience que ce n’est pas en tentant de se protéger de sa noirceur et de ses peurs que l’on gagne la clarté, mais plutôt en utilisant l’ombre comme un révélateur du travail qui reste à faire.
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